Evolution des glaciers et du pergélisol depuis le Dernier Maximum Glaciaire dans la région du Mont Gelé–Mont Fort (Alpes valaisannes, Suisse) : chronologie, modalités de la dernière déglaciation et datations des âges d’exposition à l’aide du marteau de Schmidt

Scapozza, Cristian (2015) Evolution des glaciers et du pergélisol depuis le Dernier Maximum Glaciaire dans la région du Mont Gelé–Mont Fort (Alpes valaisannes, Suisse) : chronologie, modalités de la dernière déglaciation et datations des âges d’exposition à l’aide du marteau de Schmidt. Quaternaire, 26 (2). pp. 141-173. ISSN 1965-0795

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Abstract

Les connaissances sur l’évolution morphoclimatique des Alpes pendant le Tardiglaciaire et l’Holocène ont considérablement évolué dans le dernier siècle surtout dans la partie orientale des Alpes, même si peu d’études se sont concentrées sur la zone périglaciaire. Celle-ci se situant au-dessus de la limite supérieure de la forêt, il est très difficile de trouver des restes organiques permettant des calages chronologiques absolus. Au centre de nombreuses recherches pendant les années 1970 et 1980, les Alpes valaisannes ont perdu en intérêt dans les recherches sur la déglaciation, probablement à cause de la difficulté à définir des séquences de déglaciation complètes pour tout le Tardiglaciaire et du nombre limité de datations numériques disponibles. Dans un premier temps, l’évolution des glaciers et des glaciers rocheux à partir de la fin de la dernière glaciation dans cinq bassins glaciaires de la région du Mont Gelé-Mont Fort a été reconstituée sur la base d’une approche paléoenvironnementale. La reconstitution de la dépression de la ligne d’équilibre des glaciers et de la dépression du pergélisol a permis de déterminer 16 stades locaux, regroupés en cinq stades glaciaires régionaux et trois générations de glaciers rocheux. Le calcul des paléotempératures et des paléoprécipitations à la ligne d’équilibre des glaciers et à la limite inférieure du pergélisol a permis de composer une chronologie paléoclimatique sur laquelle l’histoire glaciaire et périglaciaire de la région a été calée. Par la suite, cette chronologie a été affinée sur la base des datations des âges d’exposition à l’aide du marteau de Schmidt. Douze glaciers rocheux, deux protalus rempart, trois éboulis, treize cordons morainiques et trois roches moutonnées ont ainsi été datés à l’aide de cette méthode. Les valeurs-R mesurées (adimensionnelles) sont comprises entre 43 sur un cordon morainique de la fin du Dryas ancien et 59 sur un cordon morainique de 1861 AD. Grâce aux datations relatives de formes glaciaires avec la méthode paléogéographique, il a été possible d’utiliser les valeurs-R mesurées sur des surfaces d’âge connu pour calibrer les âges d’exposition des formes étudiées. D’après les datations effectuées, il résulte que les glaciers rocheux fossiles les plus anciens se seraient développés dès la fin du Dryas ancien et inactivés pendant le Préboréal. La génération de glaciers rocheux fossiles suivante se serait développée dès le Dryas récent et inactivée au plus tard pendant l’Optimum Climatique Holocène. Les glaciers rocheux actuellement actifs/inactifs auraient commencé à se développer juste avant ou pendant l’Optimum Climatique Holocène. Pour les éboulis étudiés, les âges minimaux obtenus indiquent que les taux d’éboulisation après la fin de l’Optimum Climatique Holocène ont été très faibles. Par conséquent, les taux d’éboulisation pendant leur période de formation ont dû être très importants.

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